Les enseignements des réunions en télétravail

En ces instants très particuliers, Michel Mondet a reçu Xerfi à domicile pour parler de la qualité en télétravail. Bonne écoute et prenez soin de vous !

On parle de qualité au travail, on pourrait parler de qualité au télétravail, même de tété-qualité dans cette période un peu particulière. En effet après les quelques jours extrêmement rapides d’adaptabilité et de flexibilité de nos clients, des grands corporates, à passer dans un mode de travail à distance de manière généralisé. On constate une amélioration très sensible de la qualité du travail.

D’abord notre quotidien étant fait d'ateliers, de réunions, d’échanges, on constate que ces réunions sont beaucoup plus efficaces parce que trivialement, elles commencent à l’heure elles finissent à l’heure, évidemment il est difficile de faire attendre en visioconférences d’autres acteurs, et tout le monde est ponctuel. Ensuite, évidemment, on constate une beaucoup plus grande discipline dans l’échange, avec par définition l’absence d’aparté, quelque chose d’assez facile à comprendre, mais aussi beaucoup plus de discipline dans l’écoute, dans un échange ou on ne se coupe pas la parole où chacun attend la fin de la phrase de l’autre pour pouvoir s’exprimer.

Un deuxième axe aussi qui nous surprend et qui nous étonne en bien c’est la capacité à échanger plus efficacement avec les directeurs projets et les chefs de projets, on constate une plus grande disponibilité et donc une plus grande rapidité d’échange, moins de délais d’attente, de l’efficacité parce que c’est « right to the point » et que l’on a immédiatement une réponse ou un éclaircissement sur tel ou tel point.

On arrive même à constater que - c’est un peu paradoxal - certaines de nos études ou certains de nos projets se sont légèrement accélérés ces dernières semaines précisément parce que nous sommes tous en télétravail.

Évidemment on pourrait se dire : « c’est l’effet du début » comme cette expérience de télétravail en masse est probablement nouvelle pour tout le monde on peut imaginer que chacun veuille être bon élève sur ce sujet-là, c’est probable, il y a un peu de ça. Mais pas uniquement. Je pense qu’il y a deux phénomènes qui sont tout de même intéressants, c’est que le premier, encore une fois chacun voulant montrer qu’il est bon élève, chacun s’exprime avec un véritable engagement, une sorte d’honneur, une sorte de fierté à être un bon élève et à faire de la belle ouvrage, comme on dit, et faire en sorte que évidemment, tout le monde arrive à être irréprochable de ce pour quoi il est attendu.

Et puis de manière un peu en creux, ou par défaut si vous voulez, je crois qu’on n’assiste plus par définition, à toutes ces réunions qui s’effilochent, à toutes ces post- réunions autour d’un café qui sont faites de beaucoup de critiques, de beaucoup de médisances et qui remettent en cause telle ou telle réunion, telle ou telle option, tel ou tel choix. Et cette absence d’allers-retours que l’on constatait auparavant sur beaucoup de nos réunions dans les projets ou dans les études, fait que les missions, chez nous, avancent beaucoup plus simplement et beaucoup plus efficacement. Donc ça c’est un point qui est à souligner et qui est très fort, même s’il est en creux.

Alors ! La question du jour d’après, est-ce que l’on va garder cette qualité d’exercice du métier dans les jours d’après, est-ce qu’on pourra refaire des workshops sans être critique, sans se couper la parole, sans faire d’aparté etc ...
Non probablement qu’on reviendra tous comme avant, comme dit le conte, « nous redeviendrons tous citrouille », nous aussi du reste…
Mais pour autant je pense qu’on pourrait imaginer de tirer des leçons, très concrètement très humblement de cette période de télétravail généralisée pour voir ce qui a fait que, encore une fois, les projets ou les études ont avancé avec plus d’efficacité qu’en présentiel.

Chez Akeance en tout cas, nous allons profiter dès que nous le pourrons pour tirer profit de cette période en réunissant l’ensemble des collaborateurs et en essayant d’identifier les dix commandements du télétravail, ce qu’on pourrait déjà appeler les dix « télé-commandements » de cette période particulière.

Pas de confinement pour la dette obligataire !

dette obligataireEn ces temps incertains, il vaut mieux être grand et en bonne santé…

Alors que chaque jour apporte son lot d’exemples de PME/PMI bataillant pour obtenir des financements de leurs banques y compris avec les mesures de garanties apportées par l’Etat Français, le marché des euro-obligations connaît des records d’émissions : plus de 90Mlds € entre le 20 mars et aujourd’hui. Les 70Mlds du mois de septembre 2019, le dernier record, font figure de petit joueur…

Pourtant, rien n’était moins sûr début mars. Les craintes d’une crise de liquidité rappelaient les pires souvenirs de septembre 2008 après la chute de Lehman Brothers. En effet, le 11 mars, Danone fermait le marché avec une émission de 0,8Mlds € à 7 ans, la dernière émission avant le début du confinement. Le doute planait quant à la réouverture, alors même que les marchés actions subissaient des revers historiques, qu’en serait-il des marchés de la dette ?

Toutefois, la pandémie n’a pas asséché la liquidité, toujours très abondante, aidée en cela par des Etats volontaires et une Banque Centrale Européenne précautionneuse. Après avoir réglé en un temps record les rouages techniques du travail à distance, les banques rouvrent leur desk le 20 avril avec l’émission obligataire d’ENGIE, 3 tranches pour 2,5Mlds €, avec une maturité moyenne de 8 ans. Près de 4 fois sursouscrite, cette émission démontrait, s’il était besoin, que les investisseurs étaient bien présents.

Les entreprises, soucieuses de préserver leurs liquidités, saisissent la fenêtre : Carrefour (1Mlds €), Air Liquide (1Mlds €), Saint Gobain (1,5Mlds €), ADP (2,5 Mlds €), Orange (1,5Mlds €), LVMH (2Mlds €), Total (3Mlds €), Pernod-Ricard (1,5 Mlds €), Bouygues (1 Mlds €), Cap Gemini (3,5 Mlds €), La Poste (1,8 Mlds €), JC Decaux (1Mlds €), Sodexo (1,5 Mlds €), Auchan (1Mlds €) pour les françaises les plus importantes. Un banquier témoigne : « j’ai cru que j’allais craquer : 5h à minuit tous les jours, parfois jusqu’à 9 émetteurs dans la même journée ! ». L’entrée en période de blackout depuis quelques jours est venue, à point nommé, temporiser la frénésie du marché.

La liquidité en temps de crise a, malgré tout, un prix : on a vu se tendre les spreads souvent de 100/150 points de base sur mid swap pour les entreprises les mieux notées, jusqu’à plus de 300 points de base pour les entreprises dans des secteurs en difficulté ou très touchées par les impacts du COVID 19. Effet d’aubaine pour les investisseurs qui saisissent cette opportunité de rendement sur des signatures de premier plan ; certaines émissions ont vu leurs books sursouscrits jusqu’à 8 fois, et ce y compris sur des maturités longues souvent avec des tranches à 10 ou 12 ans. L’aversion au risque est toutefois toujours là : seules les entreprises investment grade profitent de cette bonne tenue du marché obligataire. Les crossovers les plus fragiles et les high-yields doivent trouver d’autres sources de financement.

Pour conclure, la crise sanitaire n’est pas la crise de 2011. Elle n’a, en aucun cas, conduit à une crise du crédit. D’une part, la liquidité est assurée au sein du système bancaire par les rapides décisions fortes de la BCE. D’autre part, les grandes entreprises sont beaucoup plus solides et disposent d’un matelas de trésorerie non comparables à 2011.

La confiance des investisseurs est donc bien présente dans les fleurons de notre économie et les entreprises font, quant à elles, preuve d’anticipation et de prudence laissant présager une reprise vigoureuse post-confinement.

Les données : la valeur par l’exploitation

Au début, on s’échangeait des métaux, qui avaient valeur de monnaie.
Au début, on s’échangeait de l’information au sein de l’entreprise.

Et puis un jour, on créa l’étalon-or.

Et puis un jour, l’information devint donnée. La data !

Dans les deux cas, il s’agit de la prise de conscience de la valeur. L’or devient valeur par son utilisation dans plusieurs domaines : bijouterie, technologies, investisseurs et banque centrale. La data se valorise par les usages qu’en font les différents métiers de l’entreprise : améliorer la prise de décision, analyser la rentabilité, renforcer la connaissance client, améliorer les services,…Les utilisateurs de la donnée sont donc les « créateurs de valeur ».

Avant, l’accent était mis sur le « collecteur » de la donnée. Les entreprises tentaient de désigner un propriétaire « natif » de la donnée, sans bien souvent y parvenir… Cette désignation avait pour objectif de responsabiliser un métier référent dans la définition et dans la mise en qualité de la donnée. Or, pour des données client, le client lui-même est bien l’unique propriétaire. Il met à disposition ses données pour permettre à une entreprise de servir des finalités liées à son activité. L’entreprise fixe donc les modalités d’acquisition de la data en fonction de l’utilisation qui va en être faite, un peu comme l’alliage ou le carat de l’or pour tel ou tel emploi.

Une fois collectée / acquise, la data a une valeur « économique ». Elle peut servir d’autres finalités : c’est la mutualisation de la data et donc de la valeur. Cette mutualisation invite les organisations à casser les silos qui perdurent encore, dans les limites autorisées de partage (RGPD, confidentialité, conflit d’intérêt,…). La mutualisation oblige également à mettre en place une gouvernance d’acquisition et d’exploitation des données afin d’intégrer les contraintes de tous les métiers référents. Dès lors, la contrainte la plus forte l’emportera : une data collectée quotidiennement pourra être utilisée pour un usage mensuel.

Cette démarche de mutualisation peut être mise en place pour tout nouvel usage. En revanche, se pose également la question des données déjà collectées n fois pour répondre à n besoins. Il existe alors plusieurs sources possibles pour une donnée. L’absence de rationalisation des sources et donc de la collecte des données induit un coût non négligeable pour l’entreprise. L’acquisition des données est une part non négligeable du coût d’un projet informatique. De plus, cela ne favorise pas la mise en qualité puisqu’une action sur une source ne sera pas forcément répercutée sur d’autres sources. La collecte unique d’une donnée à usage mutualisé est un vrai vecteur de gains.

Les nouvelles technologies permettent de capter et d’exploiter la data au service de ces ambitions. Le sujet du traitement d’un grand volume de données est désormais derrière nous avec les technologies Big Data et les offres / solutions autour de la data se multiplient (data virtualisation, data quality,…). Mais avant de se laisser charmer par ces nouvelles possibilités, les travaux préalables autour de la donnée (la data !) doivent permettre de questionner les finalités de ces nouvelles technologies en amont des investissements et des projets associés. Un peu comme pour l’or : avant d’acheter le coffre-fort, on comptait d’abord l’or qu’on possède.

Le coeur de nos mission se déplace ...

akeance consulting

Le confinement a immédiatement impliqué une réorganisation de nos missions ; tant, du reste, au sein de nos propres équipes qu’au sein de nos clients. Le « move », comme on dit aujourd’hui , a été impressionnant. En deux ou trois jours, le télé travail avait pris définitivement le pas sur le présentiel. Je tire mon chapeau à toutes les équipes Akeance et internes à nos clients pour une telle efficacité !

Mais qu’en est-il de nos missions ?

D’abord, cette réactivité a permis de maintenir toutes nos missions. En effet, quasiment aucune ne s’arrête ou n’est suspendue. Les outils (Skype, Teams et autres Loopup) y sont pour beaucoup mais surtout la volonté de chacun de vouloir poursuivre l’activité des projets est essentielle. Coûte que coûte, la vie professionnelle continue. On constate toutefois trois natures de projet.

Les projets très structurés, de grande ampleur, qui sont « on going » ne peuvent guère être mis entre parenthèses. Une sorte « d’effet paquebot ». Certes, les connexions VPN ne sont pas toujours la seule solution mais vaille que vaille, ces projets se poursuivent.

D’autres projets viennent servir d’autres équipes. Au sein d’un corporate ou d’une ETI, les équipes dédiées aux fonctions dites actuellement « non essentielles » ne doivent pourtant pas ressentir un traitement / une considération de second ordre. Il est important de considérer ces équipes avec le même égard que toute autre équipe et de maintenir certains projets dans cet esprit. C’est ainsi que nous venons de vendre nos dernières missions, pour le compte de fonctions dites de support au sein de grands groupes. La solidarité professionnelle pour toutes les équipes. Cela va d’un choix de progiciel à l’amélioration de processus de contrôle…

Enfin, nous voyons émerger çà et là des pics d’activité ou des transferts d’activité d’une équipe à une autre chez différentes clientèles. Les prévisions de trésorerie sont devenues immédiatement sous les high lights, par exemple. De la même manière, les services « entreprises » comme les back offices associés, au sein des banques, sont en surcroît d’activité. Akeance propose ses services pour ces besoins tout récemment exprimés. Nos expériences et nos expertises nous permettent d’être immédiatement opérationnels même à distance. Certains de nos clients apprécient.

Mais n’oublions pas l’essentiel : portez-vous bien !

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