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Ré-apprendre à chercher

Un maire de village a commandé une étude de sol à des fins d’extension de zone constructible. Il s’avère que c’est la troisième étude de sol commandée en dix ans. Et cette étude dit… strictement la même chose que les deux premières ! C’est vrai que la géologie d’un sol ne bouge pas bien vite….

Je me suis alors demandé pourquoi on gaspillait autant d’argent. Et la réponse est simple. On a perdu le réflexe de « chercher ». En l’occurrence, dans les archives de la mairie, en interrogeant la sous-préfecture, etc.

Et je me rends compte à quel point on perd le réflexe de chercher. Il y a vingt ans, on « allait sur le serveur » chercher les templates et autres formats type. Aujourd’hui, j’ai du mal à faire respecter une charte graphique et j’ai du mal à insuffler un réflexe qui consiste à « voir ce qui a été fait avant ».

Chez nos clients, le constat est identique. Les ateliers de travail et autres workshops donnent la parole à des collaborateurs seulement munis de leur mémoire mais je vois peu de comptes-rendus qui identifient une recherche approfondie sur tel ou tel sujet. A titre d’illustration, c’est vrai à l’occasion de la rédaction d’un cahier des charges pour le choix d’une solution progicielle, où, très souvent, des réflexions plus anciennes avaient donné lieu à des résumés ou synthèses. C’est vrai aussi à l’occasion d’élaboration d‘ « info mémo » où des premières simulations ont déjà été faites, des hypothèses déjà retenues. Dernier exemple : les analyses de productivité et d’organisation sont souvent légions au sein de grands groupes mais chaque nouvelle analyse s’abstient de ces anciens travaux.

Certes, il ne s’agit pas de s’appuyer systématiquement sur le passé mais il s’agit simplement de gagner du temps, alimenter la réflexion avec plus de matériau « amont » et dédier les études à l’essentiel, l’important et le discriminant. Utilisons l’écrit passé – même électronique – comme support au démarrage d’une nouvelle analyse.

L’Occident a failli perdre l’écrit pendant le Haut Moyen Age (8ème siècle notamment). Evitons ce risque bien contemporain où seul l’oral serait le support de la réflexion. Ré-apprenons à chercher.

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